On est partis à 11, on est rentrés à 11… ou presque
Rendez-vous à 8h30 ce dimanche matin au stade Maurice-Arnoux. Pour une cyclo-découverte organisée par la section cyclotourisme du Stade Multisports de Montrouge, on aurait pu s’attendre à être accueillis avec une carte, quelques recommandations et un vague « allez-y tranquillement ».
Que nenni !
Yannick, fraîchement élu président de la section, nous accueille avec le sourire, un petit-déjeuner et du café. Autant dire que jusque-là, tout est fait pour nous mettre en confiance.
Nous sommes quatre « cobayes » du jour, encadrés par sept membres du club. Et nous apprenons assez vite que cette sortie est un test. Pour eux… mais aussi, manifestement, un peu pour nous…
Le parcours a donc été pensé avec soin : du plat pour discuter, quelques coups de cul pour vérifier qu’on a bien pris le petit-déjeuner, de la montée douce mais suffisamment longue pour commencer à négocier avec ses cuisses, des passages un peu cabossés,… et même la célèbre côte des Gardes. Heureusement, dans le bon sens : en descente !
Bref, un échantillon assez complet de ce que le cyclotourisme peut offrir. Moi qui suis pourtant plutôt sportive, j’en mène soudain un tout petit peu moins large. Mais trop tard : casque attaché, vélo prêt, il va falloir montrer ce que l’on a dans le ventre.
Le principe est annoncé d’emblée : « On part à 11, on rentre à 11. » (Bon, pendant la moitié du parcours, Thierry pensera qu’on est 10 puisqu’il a oublié de se compter !) Personne ne sera abandonné au sommet d’une côte… nous perdrons tout de même deux unités en route, mais uniquement pour cause d’obligations familiales dûment justifiées.
Le début est facile. On roule, on discute, on fait connaissance. Le parcours est roulant jusqu’à Fontenay-aux-Roses et l’on commence presque à se demander où est le piège.
Il arrive assez vite.
Premier coup de cul. Rien de dramatique, mais suffisamment pour rappeler que nous n’étions pas venus prendre le café en terrasse. Bonne nouvelle : tout le monde passe et personne n’est laissé sur le bas-côté.
Thierry, lui, assure la visite guidée. Entre deux changements de braquet, on lève donc les yeux : lampadaires Art déco, belles maisons, petits morceaux d’histoire locale… et même la maison de Victor Hugo. Lequel, incroyable coïncidence, faisait justement son marché à Montrouge le même jour.
Puis arrive une première difficulté un peu plus sérieuse, affrontée dans une bonne humeur générale. Pour ce qui est de vous donner son nom ou de la situer précisément, en revanche, il faudra repasser : j’ai cette étrange incapacité à retenir les endroits traversés lorsque je n’ai pas moi-même préparé l’itinéraire la veille en le griffonnant sur un post-it à partir de Mappy.
Heureusement, il y a ensuite des descentes. Et là, avec Michèle et les autres, on reprend des forces, de la vitesse et un peu de superbe. Et surtout, il y a le café. Michèle semble avoir parfaitement identifié cette priorité stratégique et se place naturellement en pole position.
Le peloton commence tout de même à s’étirer à l’approche de la forêt de Meudon. La fameuse montée vers la tour hertzienne semble avoir provoqué chez certains compteurs GPS une soudaine envie d’afficher quelques centaines de mètres supplémentaires. Pure coïncidence, certainement… à moins que ce soit les tours supplémentaires ?!
Vient enfin le retour vers Montrouge, avec au passage un superbe point de vue sur Paris, quelques dernières descentes et le sentiment assez agréable d’avoir vécu beaucoup plus qu’une simple balade du dimanche matin.
Parce qu’au fond, cette cyclo-découverte portait plutôt bien son nom : découverte du parcours, découverte du club, découverte des petites bosses de la région… et découverte du fait qu’on peut rouler à des niveaux différents sans transformer chaque montée en championnat du monde.
On était venus voir.
On a vu.
Et à en juger par les discussions à l’arrivée, l’opération séduction semble avoir plutôt bien fonctionné : il y a même un risque sérieux que 100 % des cobayes reviennent pour une ou plusieurs sorties d’essai dans les prochaines semaines.
Pour la licence, on ne voudrait surtout pas mettre la pression.
Enfin… pas plus que dans la côte de Meudon !




